Une feuille nommée Béglot

ChallengeAZ_BSimon, Louis Béglot est né à Rethel dans les Ardennes en 1845 d’André et Marie Bertaux. Il aura au moins deux frères. Il épouse Elodie Lardennois en 1867 à Sault-les-Rethel, il a 21 ans et elle seulement 18. Il sera serrurier comme son père. Ils auront au moins sept enfants. Lire la suite

Les poilus de Warmeriville

En ce mois de novembre, nombreux sont les généalogistes qui commémorent les poilus de leur famille ou ceux de leur commune.noms_monument

J’ai choisi de vous parler de la seconde catégorie. Il y a près d’un an maintenant, en décembre 2013, je me suis décidée à participer à l’indexation collaborative sur le site Mémoire des hommes. J’ai commencé doucement en prenant des noms dans ma généalogie, puis voyant que certains indexaient les morts pour la France de leur commune, je me suis décidée à faire de même.

Me voilà donc partie un dimanche matin ensoleillée pendant la sieste de ma fille pour prendre des photos du monument aux morts.

De l’indexation au blog

Et puis j’ai trouvé que l’indexation ne me suffisait pas, j’ai voulu en savoir plus sur ces poilus qui sont un peu devenus MES poilus. C’est pourquoi j’ai créée un second blog Warmeriville1418 qui leur est dédié. J’espère à terme pouvoir rédiger pour chacun d’entre eux une petite biographie. J’ai déjà deux autres personnes qui ont eu la gentillesse de rédiger des billets pour ce blog sur des poilus qu’ils connaissaient bien. J’espère que d’autres pourront effectuer cette démarche.

warmeriville1418

Pour le moment je n’ai que des poilus morts pour la France sur ce blog, mais j’espère trouver des noms et des informations sur ceux qui sont revenus.

Du blog à l’exposition

Au printemps, j’ai été contactée par la mairie du village qui préparait une exposition sur le village pendant la première guerre mondiale et qui m’a demandé de participer à l’élaboration de celle-ci. J’ai donc accéléré mes recherches sur les poilus en laissant temporairement de côté l’indexation. Cette exposition sera inauguré officiellement ce 11 novembre.

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Après l’exposition

Maintenant que l’exposition ne me prends plus tout mon temps de recherche, je vais pouvoir reprendre l’indexation et avancer dans la rédaction des biographies.J’ai croisé plusieurs poilus non mentionnés sur le monument aux morts, je vais donc faire des recherches plus poussées et si il s’avère que ces malheureux ne sont sur aucun autre monument, je vais demander à  la mairie si elle peut faire le nécessaire.

En parallèle de ce travail, j’ai créé  un arbre généalogique pour retracer les familles des poilus et aussi pour les indexer dans le projet de Geneanet.cim_alld

De plus j’ai également commencé en participer à l’opération Sauvons nos tombes », toujours projet de Geneanet en photographiant les tombes du cimetière allemand du village.

Enfin j’ai découvert que dans le cimetière communal, plusieurs poilus qui ne sont pas du village y ont été enterrés. J’ai donc envie d’effectuer des recherches sur eux.

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Casse tête de poilus : que faire de Gaston?

Exemple de fiche qui sera exposée

Exemple de fiche qui sera exposée

Je suis en train de travailler avec ma commune sur une exposition concernant Warmeriville pendant le première guerre. Celle-ci doit ouvrir le 11 novembre donc je suis en train de finaliser.

J’ai un problème avec mon panneau sur les poilus morts pour la France du village. J’ai décidé pour ce panneau de créer une fiche récapitulative des informations dont je dispose.

Cependant, j’ai retrouvé quelques noms dans le livre d’or qui ne sont pas présents sur le monument aux morts. Je ne sais que faire de ces pauvres bougres. Pour ma part j’ai envie de les intégrer dans le panneau comme tous les autres mais j’ai un peu peur des réactions. Je sais qu’ils sont bien morts pour la France, j’en ai pour preuve leurs fiches sur « Mémoire des hommes ».

Exemple Gaston MARCHAL

J’ai trouvé sa trace dans le livre d’or de la commune

Extrait du livre d'or de la commune de Warmeriville - p. 8

Extrait du livre d’or de la commune de Warmeriville – p. 8

J’ai également trouvé sa fiche sur Mémoire des hommes

Fiche mémoire des hommes de Gaston Marchal

Fiche mémoire des hommes de Gaston Marchal

Mais il ne fait pas parti des soldats présents sur le monument aux morts de la commune

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Pour ce même panneau se pose aussi le problème de ceux que je ne retrouve pas. Cela me gène de ne pouvoir les citer.

Avez-vous des conseils? C’est difficile de n’oublier personne surtout en si peu de temps!!

W comme Warmeriville

Warmeriville est un village de la Marne qui compte de 2146 habitants (INSEE 2010). Nous nous sommes installés dans ce village l’an passé un peu par hasard pour tout vous dire. Ce qui est drôle c’est que je retourne sur les terres d’une partie de mes ancêtres sans l’avoir prémédité. Même s’il s’avère que c’était un court passage par ce village j’ai trouvé la coïncidence sympathique.

Petit historique

Les villages prenant souvent le nom du fondateur, on pense que l’origine de Warmeriville fut (villa du Leude (chef)) Garnie ou Guarnier. En effet, le « Gu » du vieux français se prononçant W en langue germanique, Guarnier donnant ainsi Wernier. Le document le plus ancien qui parle du village donnait : Ville Warmeréna (XIème siècle), puis ce fut Warmerivilla (1249), Warmeriville sur Suippe (1526), enfin le Warmeriville actuel.

Il semble que sur le terroir de Warmeriville, plusieurs localités aient disparu. Des inventaires de 1229 – 1234 – 1268 parlent de Juvigny, Chaingny de Villeneuve. On pense que Villeneuve serait Ragonet ou le Pré. Chaingny était entre Isles et Besancourt et Juvigny autour de la chapelle Saint Druon. Or on pense qu’ll y a eu des habitations autour des crayères.

Les premiers seigneurs du pays furent les archevèques de Reims puis les Comtes de Champagne et les Comtes de Rethel. Mais à la suite d’héritages, de ventes, de donations, la seigneurie changea plusieurs fois de famille. On ne connaît pas la date de la construction du château qui s’élevait sur une butte (motte ou griffons) à l’est du village. C’était un château entouré de fossés pleins d’eau, il servit de garnison aux troupes réformées du comte de Rethel pendant les guerres de religions. Si les derniers vestiges disparurent dans la première moitié du XIXème siècle, son emplacement figurait encore sur le plan cadastral de 1836.

Au XIXe siècle, la ville a vu l’installation d’une entreprise liée à la laine qui s’est installée sur la reprise d’un ancien moulin, les entrepreneurs Harmel y employèrent des dizaines de familles et y instaurèrent le catholicisme social au Val des Bois. Certains de mes ancêtres ont travaillé pour la famille Harmel et un oncle par alliance en est un descendant direct.

Pendant la première guerre mondiale, les soldats allemands qui étaient postés en France occupée étaient hébergés dans des bâtiments réquisitionnés et transformés que l’on appelait « Soldatenheim ». Tout le monde à Warmeriville pense que la situation est provisoire, des mesures coercitives sont prises contre les habitants. Les allemands veulent consolider leurs arrières. Les réquisitions sont extrêmement sévères. La commune représentée par les frères Harmel procède à la municipalisation des commerces et aux bons communaux qui vont remplacer la monnaie. La ville crée son propre moulin. Peu à peu la vie s’organise jusqu’au printemps 1915 où tout bascule. Le 6e régiment de l’Armée Allemande est remplacé par le 10e. Le nouveau commandant est intraitable, il confisque les terres, le moulin, les usines, les récoltes et le bétail. Tous les hommes et les enfants sont mis au travail forcé. Monsieur Maurice Harmel est emprisonné, 639 personnes, femmes, enfants vieillards sont jetés sur les routes de l’exode. De 2000 habitants au début de la guerre, il ne reste que 1200 personnes dont 639 sont expulsées. Léon Harmel est nommé par la kommandantur Maire de Warmeriville. Par patriotisme il reste dans l’optique du soutient à la communauté et à son frère. Il est obligé d’assister à la corvée du matin et de présenter un rapport tous les soirs. Les maisons de Warmeriville sont transformées en quartier militaire. L’Hiver 1916-1917, les Allemands entament une guerre d’usure avec les habitants. Léon Harmel démissionne malgré le refus de la Kommandantur. C’est Léon Loth qui sera nommé jusqu’à son retour comme Maire de Warmeriville. Le village est totalement évacué le 22 mars 1917. Les habitants n’y reviendront qu’en 1919.

W comme Warmeriville
W comme Warmeriville