Q – Quatre frères Hennegrave

Aujourd’hui je vous parle de quatre frères aux destins bien différents dans cette guerre.

Notre lien familial

Les quatres frères Hennegrave sont des cousins éloignés de mon arrière-grand-père Ernest Péchenet.

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Georges Hennegrave

Georges est né le 14 septembre 1887à Saint Souplet dans le nord de Eugène et Jeaninne Duhalde.
Il a fait une carrière militaire, mais je n’ai pas retrouvé sa fiche matricule. Cependant j’ai quand même quelques informations intéressantes

Sa première guerre mondiale

En 17-18, 167e RI, 10e Bataillon;

* septembre 17, au nord de Verdun, près de Douaumont
Le Capitaine Hennegrave, Commandant la 10e Cie, est pris sous l’éboulement d’un abri dans lequel le Commandant de la 9e Cie est tué. Quoique fortement contusionné, il parvient à se dégager et à reprendre sa place à la tête de sa Compagnie.
* Meurthe et Moselle Avril 18:
Le légendaire Capitaine Hennegrave qui a sauvé un Bataillon du 168ème et repris Faverolles. A chargé sabre au clair en tête de sa Compagnie. Est arrivé sur deux mitrailleuses qui se sont enrayées miraculeusement. Il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur sur le Champ de Bataille avec une citation sans pareille.

Ces citations sont tirées du livre Le 167è régiment d’infanterie 1914-1918 publié par la Librairie Chapelot.

Son portrait est publié dans Le tableau d’honneur de la Guerre 1914 – 1918 des officiers, sous-officiers et soldats cites a l’ordre de l’armée nommés ou promus dans la légion d’honneur ou décorés de la médaille militaire. Il s’agit d’une série de planches, dont la parution commence le 30 janvier 1915. Elles contiennent chacune 25 à 28 portraits et noms de personnages ayant été « cités à l’ordre de l’armée, nommés ou promus dans l’ordre de la Légion d’honneur ou décorés de la médaille militaire ».

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Portrait tiré de l’Illustration Planche 578

Dans l’annuaire 1923, se trouvent les informations suivantes :

Décoration : Croix de Guerre, 2 citations à l’ordre de l’armée
Date d’entrée au service : 28/9 08
Origine comme officier : Officier provenant de l’Ecole de Saint-Maixent.
Légion d’Honneur : Chevalier de la Légion d’Honneur
Date d’attribution : 3/6 18
Sous Lieutenant : 1/10 12
Lieutenant : 1/10 14
Capitaine : 24/6 16
Corps ou service : 97e régiment d’infanterie

Sa seconde guerre mondiale

A Dunkerque en 1940, aux derniers jour de la bataille:

L’action d’ensemble (V/215 et VI/225 R.A.) sera aux ordres du Lieutenant-Colonel HENNEGRAVE. Nous disposerons, en outre, des feux de deux batteries de côte à Zuydcoote et Bray-Dunes. (…)Par voie de terre, les tentatives collectives seront vouées à l’échec, stoppées au plus tard par le 2° échelon des forces ennemies. Seuls, quelques isolés parviendront à s’infiltrer et s’échapper, en particulier, le Lieutenant-Colonel HENNEGRAVE (Cdt le 225° R.A.). (Il y réussi en longeant les plages).

Le Journal officiel nous permet également de suivre ses mutations :

30/5/1916 Transfert des chasseurs d’Afrique au 44e d’infanterie, Lieutenant

25/12/1917 Capitaine 1re compagnie 67RI, citation pour blessure et fait d’armes le 7/9/1917

27/9/1929 Capitaine, mutation au 361RA

Ses décorations connues

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Légion d’Honneur

Charles Hennegrave

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Charles Hennegrave       ( © Alexandre Blondet – avec son autorisation)

Charles est né à Reims le 22 janvier 1889 à Reims. Il sera ingénieur électricien. Lorsqu’il est appelé sous les drapeaux pour son service militaire, il réside à San Cristobal en Argentine.
De la classe 1909, il avait obtenu un sursis qui ne sera pas renouvelé en 1911, l’obligeant à intégrer son corps le 2 octobre de cette même année. Il intègre le 3è régiment de cuirassiers. Le 2 avril 1912 il devient Brigadier, puis Brigadier chef le 27 septembre de cette même année, enfin Maréchal des logis en 1913. Il obtient son certificat de bonne conduite cette même année.

Sa première guerre mondiale

Le 2 août 1914, il réintègre le 3è régiment de cuirassiers. Il est promu Sous-lieutenant à titre temporaire le 17 avril 1918. Mais le 30 mai il décède à l’hôpital de Coulommiers des suites de blessures de guerre.

Dans le JO de sa division il est indiqué : «  Le 29 mai 1918 est resté avec quelques hommes pour protéger la retraite de son peloton accroché à courte distance. Est tombé grièvement blessé- mentions, lettres de félicitations, récompenses diverses ».

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Extrait du JMO du 3è régiment de cuirassier en date  du 29 mai 1918

 

La bataille qui lui a coûté la vie s’est déroulée vers Fère-en-Tardenois dans la forêt de Nesles.

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Fiche de Charles Hennegrave sur Mémoire des Hommes

Jean Hennegrave

Il est né le 5 février 1890 à Reims.
Il effectue son service militaire dans le 4è bataillon de chasseurs à pieds. Il arrive au corps le 4 octobre 1911. Il passe chasseur 1ère classe le 4 juillet 1912, puis Caporal le 27 septembre de la même année. Il reçoit son certificat de bonne conduite en 1913.

Sa première guerre mondiale

Il est rappelé le 1è août 1914 et arrive au corps le lendemain. Il est affecté au 2è bataillon de chasseur à pied. Le 4 décembre 1914 il est blessé par balle à la jambe à Langsmarck lors de la bataille des Flandres.

Le 17 juillet 1915 il est détaché comme tourneur auprès de la Maison Berliet automobile à Lyon. Il est relevé d’usine le 23 mai 1918, entre temps il a été changé d’affectation il fait dorénavant parti du 158è régiment d’infanterie depuis le 1è juillet 1917. Il passe au 97è régiment d’infanterie le 25 mai 1918.


La Maison Berliet

(source Wikipédia)

Berliet reçoit exclusivement des commandes massives de camions CBA et d’obus. Pour satisfaire cette demande, il construit à Monplaisir, en 1915, deux bâtiments supplémentaires qui complètent le bâtiment initial agrandi et le hall d’assemblage des véhicules industriels datant de 1907 portant ainsi la surface à 45 000 m2. La production atteint 5 000 obus par jour.
À l’automne 1916, il commence la construction de l’usine intégrée de Vénissieux / Saint-Priest sur un tènement de près de 400 ha. Egerton Banks, ingénieur britannique de 29 ans, responsable de Westinghouse – Europe, engagé en décembre 1915, est chargé, à Monplaisir et Vénissieux de rationaliser l’organisation scientifique du travail à laquelle il a été formé aux États-Unis.
Au mois de janvier 1916, la production du camion CBA est de 142; elle est de 424 en décembre 1916 et atteindra le millier en janvier 1918. La noria des 3 500 camions sur la Voie Sacrée de Bar-le-Duc à Verdun est composée pour plus de la moitié de ce modèle. Les châssis-mécaniques CBA sont fabriqués à Monplaisir tandis que le montage de leur carrosserie bois est effectué à Vénissieux.
Au 2e semestre 1918, 1 025 chars Renault FT sortiront de l’usine de Vénissieux. Renault n’ayant pas les capacités industrielles pour répondre aux besoins urgents de l’Armée, celle-ci confie une commande à Berliet avec moteur Berliet. En outre, la tourelle pivotante à 360°, innovation conçue par Renault, développée par les Établissements Girod à Ugine, est usinée et finie chez Berliet, le seul disposant des moyens industriels appropriés.
Dès le début de la Première Guerre mondiale, Berliet crée une caisse de secours permettant de venir en aide aux familles des salariés mobilisés, le bulletin de guerre des Usines Berliet. Il fonde plusieurs œuvres sociales : la crèche en février 1917, la cité sur la commune de Saint-Priest qui comptera 250 logements en 1925, la ferme sur la réserve foncière de Saint-Priest. Il encourage la pratique du sport avec l’Union Sportive Berliet.

Consulter le dossier documentaire de la fondation Berliet au sujet de la première guerre mondiale

René Hennegrave

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René Hennegrave        ( © Alexandre Blondet – avec son autorisation)

 

René est né le 1èr janvier 1892 à Reims. Il était encore étudiant qui il fût appelé pour son service militaire. Cependant suite à des palpitations il fut intégré au service auxiliaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

Sa première guerre mondiale

Malgré le début des hostilités il fût maintenu en service auxiliaire jusqu’au 11 décembre 1917. A cette date il fût intégré au 64è régiment territorial d’infanterie. Le 2 mai 1918, il passe au 226è régiment d’infanterie. Sur sa fiche matricule, le 1è juin il est porté disparu à la tête des Faux. C’est cette date qui a été choisie pour son décès, il avait 26 ans. Cependant sa disparition est relatée dans le JMO du 226è RI à la date du 31 mai.

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Extrait du JMO du 226è R.I daté du 31 mai 1918
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Fiche de René Hennegrave sur Mémoire des Hommes

 

René est donc décédé le lendemain de son frère Charles. Je n’ose imaginer sa famille recevant ces deux terribles annonces quasi simultanément.

Trois des frères sont enterrés dans le caveau familial au cimetière du nord à Reims. Je suppose que le corps de René ne fût jamais retrouvé.

Un grand merci à leur arrière-petit-neveu Alexandre Blondet qui a accepté que je publie ses photos et m’a donné de nombreux éléments.

2 commentaires sur “Q – Quatre frères Hennegrave

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  1. Pour l’anecdote, le prof de français de ma fille en 6e s’appelait Hennegrave. Savais-tu que ce nom signifiait « gardien de poules » ? Quand ma fille lui a apprit, il a bien ri et je le comprends 😉

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